CUBA-ETATS-UNIS: L’ÉCRIVAIN QUI S’EST MOQUÉ DE LA CIA

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Table Ronde, émission du 7 avril 2017

Raúl Antonio Capote Fernández (La Habana, 1961), écrivain, chercheur, journaliste et professeur à l’Université de Pédagogie Enrique José Varona fut présenté devant l’opinion publique le 4 avril 2011 comme l’un des personnages des « Raisons de Cuba », une série qui a révélé l’identité d’un certain nombre d’agents de al Sécurité Cubaine que l’Agence Centrale de Renseignement (CIA) avait cru recruter pour ses plans d’intervention dans le destin de Cuba.

Le 17 février dernier, en l’honneur de tes camarades des « Raisons de Cuba », tu as écrit un texte qui est presque un plaidoyer. Nous devons rappeler qu’entre février et avril, tu as été le dernier du groupe que la CIA avait cru recruter à être révélé au public. Pourquoi avez-vous écrit cette lettre ? Sentez-vous que le danger de l’attaque que vous avez dénoncée cette fois-là n’est pas passé ?

« L’une des raisons fondamentales était la tendance à la retraite. Beaucoup pensent que l’idéal serait que nous, nous nous reposions parce que nous avons déjà accompli notre mission. Un révolutionnaire ne se retire jamais, surtout s’il sait que l’ennemi continue à être présent et que les choses que nous dénoncions il y a 6 ans sont plus dangereuses. »

Avez-vous suivi le travail de subversion envers la jeunesse cubaine ?

« Il est plus important que jamais. Quand on rappelle ce qu’on a dénoncé, par exemple, le projet Génesis, beaucoup des choses que nous dénoncions se sont accomplies.

Je me souviens que pendant les années où j’étais en mission, on parlait d’apprendre à Cuba à prendre goût à l’argent, le goût des avantages que le capitalisme peut apporter et simplement nous n’allons rien faire. Jusqu’à ce que nous fassions des concessions politiques, ils ne vont pas céder ni éliminer aucune des choses essentielles du blocus. C’est arrivé dans la pratique. »

Les projets pour lesquels Raùl a été recruté essayaient de semer des dirigeants au service des Etats-Unis pour remplacer la génération historique de la Révolution.

« Ils ont compté de 10 à 15 ans. Et ils ont eu besoin de créer des dirigeants qui puissent être au service du Gouvernement nord-américain pour changer le système politique cubain et en finir avec la Révolution Cubaine.

Il y a eu 10 ans de guerre culturelle très forte qui s’est mise en place avec le temps. Notre dénonciation a compliqué ces plans. Elle les a obligés à apparaître publiquement. »

Le 4 avril 2011, Raúl Antonio Capote Fernández fut présenté devant l’opinion publique comme l’un des personnages des « Raisons de Cuba. »

On voulait que tu crées une agence littéraire, une activité qui attirerait les jeunes. L’un de ces projets était de faire, depuis Cuba, une guerre électronique qui provoque un accident.

« Dans un chapitre des « Raisons de Cuba, » on dénonçait un plan qui simulait une agression depuis Cuba en utilisant un virus informatique qui provoquerait la chaos dans les aéroports des Etats-Unis. Cette attaque aurait pu provoquer de nombreuses et terribles morts. Et ça aurait été la justification idéale pour attaquer Cuba. »

Nous devrions produire à nouveau les « Raisons de Cuba. »

« Pour leur actualité. C’est l’une des raisons de cette fameuse lettre. Nous, nous pensions que nous ne devions pas oublier cette lutte. Nous avions besoin de continuer le combat en première ligne. »

C’est le père Zardiñas qui t’a baptisé, c’était le curé de la Sierra Maestra. En quelle année es-tu né ? Qui était ta mère ? La vie de risques qu’a choisi Raúl Capote a-t-elle à voir avec les médailles sur la poitrine de ta mère et avec le fait d’avoir été baptisé par un homme comme le père Zardiñas ?

« Ma mère et mon père m’ont formé. C’étaient des gens qui se consacraient à la Révolution. Quand je suis né, ils étaient policiers. Mon père était directeur de la Brigade Universitaire José Antonio Echevarría. J’imagine ma mère à 18 ans, une femme de la ville qui a vécu aux Etats-Unis. Elle a escaladé une montagne où il y avait des hommes de l’université. Elle est arrivée avec 3 camarades de plus. Elle a exigé de mon père qu’elles soient présentes dans la lutte qu’ils menaient dans l’Escambray. Elles ont été des exemples d’engagement. Elles ont participé aux combats, ont supporté les mêmes vicissitudes que pendant une campagne. »

Ta mère est aussi allé en Irak ?

« Comme traductrice. Elle nous parlait de toute la beauté de ce pays de l’intérêt d’Hussein à récupérer la mémoire historique de l’Irak. Je me souviens avec beaucoup de douleur de ces images de bombardement sur Bagdag il y a 14 ans. »

Abel Prieto a dit : « La CIA a découvert Raúl Antonio Capote, un écrivain talentueux, critique, dont plusieurs livres ont été publiés et qui, en tant que vice-président le l’association Hermanos Saíz à Cienfuegos avait combattu les incompréhensions et les lourdeurs bureaucratiques. Ainsi est né l’agent Pablo qui avait pour mission d’envoyer à la CIA des évaluations périodiques de l’état d’esprit de a population cubaine dans toutes les situations, surtout dans le domaine culturel et littéraire. Il devait aussi créer une agence littéraire et ensuite une fondation à visée éducative. Pablo pouvait devenir une pièce clef du démantèlement des institutions révolutionnaires. »

Tu es un homme engagé envers l’histoire de ta famille. Qu’est-ce que la CIA a vu en toi pour t’engager ?

« Ils ont confondu non-conformisme et rébellion avec dissidence. Je suis d’une génération qui est née dans la Révolution. L’image du Che est très présente en nous. Un homme qui affrontait le mal fait. Le travail que fait l’association Hermanos Saíz affronte souvent des contradictions bureaucratiques de toute sorte. Nous défendions la politique culturelle de la Révolution, nous croyions en elle avec ferveur. Au nom de la Révolution, nous affrontions beaucoup de choses. »

L’être humain entre ce que tu es et ce que tu dois sembler être. Combien ces années pendant lesquelles même Tatiana ne savait pas ont été dures bien qu’à aucun moment, elle n’a dû savoir.

« A un certain moment, j’ai dû lui demander de l’aide pour qu’elle collabore avec nous parce qu’un fort conflit humain était en train de se créer entre nous. »

Tu étais sur le point de monter les échelons dans ton travail avec la Sécurité Cubaine. Cependant, on décide de dévoiler ton identité. Tu dois avoir respiré.

« Ca a été un mélange de sentiments. D’une part, on apprend l’importance de ce que tu fais parce que ce travail est nécessaire. C’est un engagement dont on finit par jouir. C’est un jeu d’intelligence délicat. Et d’autre part, j’avais terriblement envie que les gens sachent qui j’étais. »

C’est vrai qu’ils t’appellent encore en croyant que tu es otage de la Révolution.

« Ils m’appellent parce qu’ils ne croient pas que nous, les personnes, agissions par conviction. A tout moment, ils me laissent des messages : nous sommes prêts à publier tes livres. Je suis presque devenu un écrivain disparu pour eux et en fait, ce n’est pas cela. »

Où en est la guerre culturelle ?

« Je pense qu’elle est à son point culminant. Cette guerre contre Cuba a toujours existé, elle a toujours été intense. Pendant ces derniers 10 ou 15 ans, elle s’est intensifiée. On cherche à créer une masse critique à Cuba qui perde les valeurs fondamentales de la Révolution. Ils continuent à croire qu’il est possible qu’ils aient gagné des espaces dans la population cubaine. Ils ont un plan d’affaiblissement idéologique. »

Publié le 10 Mai 2017 par Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://mesaredonda.cubadebate.cu/mesa-redonda/2017/04/10/el-escritor-que-burlo-a-la-cia-video/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/05/cuba-etats-unis-l-ecrivain-qui-s-est-moque-de-la-cia.html

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