GUERRE SOURNOISE EN EQUATEUR, GUERRE TOTALE AU VENEZUELA

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Par Maurice Lemoine  |  27 avril 2017

Equateur, 2 avril 2017 : au second tour de l’élection présidentielle, le candidat de la « révolution citoyenne » Lenín Moreno (Alliance Pays ; AP) affronte l’ex-ministre de l’économie (1999) et banquier multimillionnaire Guillermo Lasso (Créons des Opportunités ; CREO) qu’il a devancé au premier tour (39,36 % des voix contre 28,11 %). Rafael Correa qui, depuis 2007, a rendu sa stabilité au pays grâce à d’incontestables avancées sociales, ne se représentait pas [1].

Il n’est pas encore 17 heures et les bureaux de vote ne sont pas fermés quand Rafael Cuesta, ancien député social-chrétien (PSC, droite) devenu « vice-président de l’information » de la chaîne de télévision Canal Uno, annonce à l’écran, avec une évidente satisfaction : « Nous avons un président de la République et c’est Guillermo Lasso. » A 18 h 30, sur la base du même sondage « sortie des urnes » effectué par l’Institut Cedatos, étroitement lié à la Banque de Guayaquil (dont le principal actionnaire s’appelle… Guillermo Lasso), le journaliste vedette Alfredo Pinoargote salue joyeusement sur Ecuavisa celui que, depuis six mois, il a invité moult fois dans son programme « Contact direct » : « Félicitations, président ! » Autre grande chaîne commerciale, Teleamazonas déroule la même partition.

Sondages et médias étant à l’évidence plus importants que les électeurs, les urnes et les résultats officiels, encore inconnus à ce moment, Lasso gratifie les siens d’un discours de chef d’Etat et tous, dans une grande allégresse, fêtent « le retour de la liberté ». De quoi feindre tomber des nues lorsque, à 20 heures, le Conseil national électoral (CNE) annonce la victoire du socialiste Moreno avec 51,16 % des voix. Lasso, qui avait déjà hurlé à la fraude lors du premier tour, sans en apporter aucune preuve, entonne le même leitmotiv : outre Cedatos, deux « comptages rapides » – ceux des instituts Market et Informe Confidencial – l’ont placé en tête, dans une fourchette allant de 51,5 % à 53 % des suffrages. Informe Confidencial démentira bien avoir effectué un tel sondage, mais il en faudrait plus pour émouvoir la droite équatorienne et ses alliés.

Dès le lendemain, le quotidien Expreso publie une page entière dédiée au « président Lasso ». Les influents El Universo et El Comercio (pour ne citer qu’eux) semant également le doute sur la validité du résultat, les manifestations et tentatives de prise des locaux du CNE par quelques centaines de personnes se multiplient. Sans jamais atteindre le niveau « protestations de masse » espéré par leurs initiateurs, elles vont se poursuivre, Lasso exigeant, sans aucune justification juridique, un recomptage de 100 % des bulletins et déclarant le 13 avril : « Pour se battre contre une dictature, il ne faut pas seulement des votes, il faut être dans la rue ! » Pourtant, les autorités ont déjà accédé partiellement à sa demande et le réexamen de 296 340 votes contestés dans cinq provinces n’a en rien modifié les résultats. Manifestement conscients de l’inanité de leurs réclamations, les représentants de CREO ne se sont même pas déplacés pour assister au recomptage effectué dans la province de Pichincha : « Notre présence n’aurait fait que valider cet abus contre la démocratie », se sont-ils contentés de déclarer.

Lorsque, le 14 avril, « par souci de transparence et pour la tranquillité du pays »(dit autrement : pour en finir avec le « show » monté par l’opposition), le CNE annonce qu’il va effectuer le 18 avril un recomptage portant sur 1 275 450 voix, correspondant à 3 865 procès-verbaux contestés « dans les règles », en présence de délégués de toutes les organisations politiques nationales et locales, Lasso et les dirigeants de CREO annoncent… qu’ils refusent d’y assister. Quelques jours auparavant, l’ex-député « ultra » du parti Société patriotique (SP) [2] Fernando Balda avait fait un appel du pied aux militaires : « Que coûte au haut commandement de donner une conférence de presse et de demander un recomptage total des votes ? » Avant de s’indigner, n’ayant trouvé aucun putschiste en puissance : « Ils ne le font pas ! »

Au jour dit, après que le recomptage, retransmis intégralement et en direct à la télévision, ait confirmé les chiffres initialement annoncés, Lasso déclarera :« Jamais je ne reconnaîtrai la victoire du candidat déclaré président élu par le CNE (… ) Lenín Moreno sera le successeur d’un dictateur et gouvernera sans légitimité [3]. » Pour qui douterait de la stratégie mise en œuvre, les journalistes Andrés Carrión et Martín Pallares interrogés le 4 avril dans le programme « Châtiment divin » l’avaient précisée : « Ce qui peut être fait, c’est miner la légitimité de ceux qui ont été, entre parenthèses, élus. Ces gens doivent savoir que, s’ils arrivent au pouvoir, ce sera un pouvoir vicié et affaibli. Qu’ils auront des problèmes pour l’exercer. » En résumé : Lenín Moreno n’occupe pas encore sa fonction que déjà se dessine la guerre sournoise destinée à polariser la société et à le délégitimer afin de le déstabiliser plus facilement dès que les circonstances s’y prêteront.

Qui s’en souvient ? C’est ainsi qu’a commencé la très grave crise dans laquelle se débat actuellement le Venezuela. En avril 2013, Nicolás Maduro, « dauphin » du disparu Hugo Chávez, ayant battu Henrique Capriles (Table de l’unité démocratique ; MUD) avec 50,75 % des suffrages, ce résultat serré entraîna lui aussi des accusations non avérées de fraude, de très violentes mobilisations de rues (onze morts) et, ayant instillé le venin de la frustration chez les opposants, prépara la déstabilisation du pays qui, de sabotage économique en poussées de violence, atteint son climax aujourd’hui.

Les renversements de Manuel Zelaya au Honduras (2009), de Fernando Lugo au Paraguay (2012), puis de Dilma Rousseff au Brésil (2016) par des coups d’Etat dits « institutionnels », auxquels se sont ajoutés la mort de Chávez (mars 2013), ont amené les adeptes de « la fin de cycle » – un supposé recul définitif de la « vague de gauche » – à croire l’affaire bien engagée. Alors que, après douze ans de « kirchnérisme » (trois mandats successifs de Nestor puis Cristina Kirchner), l’entrepreneur multimillionnaire Mauricio Macri venait de remporter l’élection présidentielle, l’ambassadeur des Etats-Unis Noah Mamet se félicitait en mars 2016 : la décision de Barack Obama de visiter l’Argentine était « une reconnaissance à la détermination de Macri de la réinsérer dans l’économie globale [4] ». Le 7 septembre suivant, le vice-président américain Joe Biden qualifiait le renversement – rebaptisé « impeachment » – de Dilma Rousseff « d’un des meilleurs changements politiques qu’a connu la région ces derniers temps »,avant, comme il se doit, d’appeler à ce qu’un référendum révocatoire soit tenu rapidement au Venezuela [5]>.

Quelques mois après la réélection de Daniel Ortega au Nicaragua, la victoire de Moreno en Equateur constitue un coup d’arrêt à cette restauration conservatrice ardemment souhaitée. D’autant que, dans les pays qu’elle affecte, les lendemains ne chantent pas particulièrement…

Au Brésil, dans le cadre des gigantesque affaires de corruption impliquant la compagnie pétrolière semi-publique Petrobras et le géant national du BTP Odebrecht [6], qui compromettent l’ensemble de la classe politique, le Tribunal suprême fédéral (TSF) a annoncé le 11 avril l’ouverture d’une enquête concernant cent huit personnalités, dont vingt-neuf sénateurs et quarante-deux députés (parmi lesquels les présidents des deux chambres du Congrès), huit ministres du président de facto Michel Temer – lequel fait lui-même face à de graves accusations. On notera que si le Parti des travailleurs (PT) a sa part de responsabilité dans ce scandale systémique, celui-ci ne peut être invoqué pour expliquer la « destitution » de Dilma Rousseff – un motif puéril d’« irrégularité budgétaire » ayant servi pour justifier ce coup d’Etat, dont les objectifs réels et les conséquences apparaissent chaque jour plus clairement. En faisant voter la proposition d’amendement constitutionnel (PEC 55) qui gèle les dépenses publiques de l’Etat pour vingt ans, en s’attaquant aux retraites des travailleurs et en éliminant une partie de l’allocation chômage, en fermant le ministère du développement agraire, en menant une offensive brutale contre les droits conquis depuis une décennie, le pouvoir illégitime, après avoir jeté plus d’un million de personnes dans les rues les 8 et 15 mars, devra affronter une grève générale le 28 avril prochain.

Dans une Argentine affectée par les licenciements massifs et les augmentations faramineuses des tarifs des services publics, les enseignants en grève se sont faits sauvagement matraquer le 9 avril alors que cinq mobilisations massives avaient déjà eu lieu entre le 8 et le 24 mars et qu’une première grève générale contre la politique de rigueur avait paralysé le pays le 6 avril. Pour tenter de juguler cette contestation montante, le parti du chef de l’Etat, Cambiemos (Changeons), a déposé le 14 avril devant la Chambre des députés un projet de loi destiné à durcir les sanctions contre les protestataires. En termes juridiques, la réforme proposée introduit dans le code pénal le concept de « manifestation publique », permettant à la police d’arrêter sans contraintes les manifestants et aux juges de leur appliquer des peines plus sévères.

Dans ce contexte, la fureur des oligarchies se retourne contre le pays, symbole de la résistance, « qu’il faut absolument faire tomber  » : le Venezuela. Depuis l’élection du président Maduro, le pays subit une guerre totale et multiforme. Début 2014, l’opération « La Salida » (la sortie), à travers ses opérations de guérilla urbaine, provoqua la mort de 43 personnes de toutes tendances politiques et fit plus de 800 blessés, mais le pouvoir résista, arrêtant et jugeant Leopoldo López, l’un des instigateurs du chaos.

Certes, l’importante diminution des prix du pétrole, la principale ressource du pays, a raréfié la rentrée des devises, rendant plus difficiles les importations de biens de consommation. Certes, la gestion du gouvernement ne brille pas toujours par son efficacité. Mais en aucun cas ces deux facteurs ne peuvent expliquer à eux seuls la très dure crise alimentaire et les incessantes pénuries qui, épuisant et désorientant de larges secteurs de la population, y compris « chavistes », ont permis la victoire de la MUD aux élections législatives de décembre 2015. N’en déplaise aux médias complices, incompétents, moutonniers, opportunistes ou fort peu courageux – la pression générale étant devenue telle que les « notables de l’info », fussent-ils « de gauche », ne veulent pas risquer leur réputation ou leur confort en semblant apparaître comme « les derniers défenseurs du Venezuela » – c’est bel et bien, similaire à celle des années 1970 au Chili, d’une déstabilisation économique qu’il s’agit.

S’apparentant à des aveux, la loi d’amnistie votée le 29 mars 2016 par la nouvelle majorité – et déclarée inconstitutionnelle par le Tribunal suprême de justice (TSJ) le 11 avril suivant – ne mentionnait-elle pas, parmi les délits et crimes (auto)-amnistiés de l’opposition, « la spéculation sur des aliments ou des boissons, des biens qualifiés comme de première nécessité » et « l’accaparement d’aliments ou de boissons, de biens qualifiés comme de première nécessité » ? Le 12 novembre 2016, dans le cadre d’un dialogue dont les secteurs radicaux de la MUD ne veulent pas et qu’ils ont depuis fait capoter, c’est l’envoyé du pape en personne, Mgr Claudio María Celli, qui lit l’accord pour un calendrier de discussion dans lequel « le gouvernement et la MUD conviennent de combattre ensemble toute forme de sabotage, de boycott ou d’agression contre l’économie ». Vous avez dit « paranoïa » ?

D’emblée, début 2016, cette nouvelle majorité législative a annoncé son unique objectif : « sortir » Maduro du pouvoir en six mois. Que ce soit légalement ou non. Avec un choix délibéré de la seconde solution. Dix-huit mois plus tard, tout un chacun peut constater qu’elle a échoué. Dans cette guerre qu’elle n’a pas méritée et dont elle ne veut pas, la « révolution bolivarienne » a encore assez de punch pour opposer une belle résistance. Quitte à tomber parfois dans le piège qui lui est tendu : face à une droite qui viole effrontément les règles du jeu démocratique, franchir à son tour la ligne jaune, dans son désir (et la nécessité) de rendre coup pour coup. Par exemple…

Dans leur obsession de renverser le chef de l’Etat, les dirigeants de la MUD ont, durant de longs mois, négligé la possibilité du référendum révocatoire, permis par la Constitution. Lorsque, ayant été mis en échec, ils s’y sont enfin résolus, ils avaient dépassé le délai permettant, en cas de victoire du « oui », l’organisation d’une élection : le vice-président « chaviste » remplacerait Maduro pour la fin du mandat si celui-ci était destitué. En outre, leur collecte de signatures a été entachée d’innombrables irrégularités. Raison juridiquement motivée – mais aussi prétexte évident, le nombre de paraphes requis étant en tout état de cause largement atteint – dont s’est emparé le pouvoir pour bloquer le processus. On peut le lui reprocher (on ne s’en prive pas). On peut aussi considérer que, compte tenu de la violence déstabilisatrice qui lui est imposée, il se trouve dans la situation d’un athlète de haut niveau à qui son adversaire brise les tibias à coups de barres de fer avant de lui intimer : « Maintenant, allons courir un cent mètres ensemble et voyons qui va l’emporter ! » S’il dispose d’arguments juridiques incontestables pour le faire, on comprendra que la victime puisse écarter ce type de « compétition ». Dont, d’ailleurs, l’opposition ne veut plus !

Dans le même ordre d’idée, la décision du TSJ, le 29 mars, d’assumer les fonctions de l’Assemblée nationale, non indéfiniment, comme il a été faussement affirmé, mais « tant que la majorité de droite continuerait à ignorer ses verdicts » – entre autres sur l’élection contestée de trois députés de l’Etat d’Amazonas qu’elle a néanmoins incorporés – ou refuserait de reconnaître les institutions et le chef de l’Etat était, quoi qu’on en dise, justifiée. Mais, intervenant au plus chaud d’une situation explosive, elle pouvait, habilement présentée par ses détracteurs, donner lieu à une accusation d’« auto-coup d’Etat ». Ce qui n’a pas manqué de se produire. La procureure générale de la République Luisa Ortega critiquant la décision et les plus hautes instances du pouvoir se rendant compte du danger de cette interprétation face à la « communauté internationale », le TSJ est revenu sur sa décision, mais le mal était fait. La planète médias jouant son rôle, l’accusation demeure, bien qu’étant, surtout après ce recul, totalement injustifiée.

De même, la Cour des comptes (Controlaría general de la República) dispose d’accusations crédibles – détournement de fonds publics – pour mettre en cause l’ex-candidat à la présidence Henrique Capriles, gouverneur de l’Etat de Miranda. Toutefois, les faits remontent à… 2013. Que n’a-t-il été jugé plus tôt ? Le verdict rendu le 7 avril dernier et le déclarant inéligible pour quinze ans paraît, compte tenu du contexte, tomber à un moment particulièrement inopportun. C’est faire à l’opposition et à ses puissants alliés extérieurs le cadeau d’un « martyr » que ceux-ci ne manquent pas d’exploiter.

Dès le 9 mars 2015, Barack Obama avait désigné par décret le Venezuela comme« une menace extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis », ouvrant le terrain juridique à une possible intervention (dont la nature reste à déterminer). Pour ce faire « l’Empire » dirigé aujourd’hui par l’irrationnel Donald Trump bénéficie de l’aide de son nouveau « cipaye » Luis Almagro, secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), objectivement redevenue le ministère des Colonies de Washington dénoncé en son temps par Fidel Castro. Une offensive féroce, obsessionnelle, tente d’isoler Caracas en la suspendant des activités de l’organisation. Néanmoins, en juin 2016, une première tentative de faire activer à son encontre la charte démocratique a échoué. Au grand dam d’Almagro, son initiateur, une majorité des nations, allergiques aux « interventions extérieures », se prononça pour une continuation du dialogue alors mené entre le gouvernement et la MUD, sous les auspices du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), par les ex-présidents médiateurs José Luis Rodríguez Zapatero (Espagne), Leonel Fernández (République dominicaine) et Martín Torrijos (Panamá).

Silencieux sur le coup d’Etat au Brésil, méprisant tous les usages diplomatiques lorsqu’il traite publiquement Maduro de « traître, menteur, voleur et petit dictateur », Almagro n’a pas hésité à se faire décorer de l’ordre Rómulo Betancourt, le 13 avril 2017, à Miami, par le président de l’Organisation des Vénézuéliens persécutés politiques en exil (Veppex), l’ex-lieutenant José Colina. Ce dernier est poursuivi dans son pays pour avoir perpétué deux attentats à la bombe en février 2003, à Caracas, contre l’ambassade d’Espagne et le consulat colombien, crimes évidemment attribués dans un premier temps aux Cercles bolivariens de Chávez. En cavale, Colina a obtenu l’asile politique aux Etats-Unis après avoir été défendu par l’avocat Matthew Archambeault, celui-là même qui, en avril 2011, fit absoudre définitivement par la « justice américaine » le terroriste cubano-vénézuélien Luis Posada Carriles – auteur intellectuel de la pose de deux bombes dans un vol de la Cubana de Aviación (73 morts le 6 octobre 1976) –, lui permettant de vivre depuis en toute impunité à Miami.

Dans ce contexte où, de l’intérieur et de l’extérieur, les deux interagissant, il s’agit de prendre la « révolution bolivarienne » en tenaille, la bataille fait donc rage à l’OEA. Bien que son Conseil permanent ait tenu une nouvelle réunion d’urgence le 28 mars à Washington, celle-ci n’a pas débouché sur les résultats escomptés – la suspension de Caracas et des élections générales anticipées – par le « roitelet » de l’organisation. Non seulement aucune résolution sanctionnant les supposés égarements du gouvernement vénézuélien n’a été adoptée, mais plusieurs Etats membres, dont Haïti, El Salvador et la République dominicaine, pourtant soumis à de très fortes pressions des Etats-Unis, ont fustigé l’attitude d’Almagro, la jugeant partiale et interventionniste. « Le moment est grave et dépasse de loin la question du Venezuela, déclara alors avec une grande dignité Harvel Jean-Baptiste, ambassadeur d’un pays, Haïti, qui n’appartient pas à l’« arc progressiste », mais auquel Washington menace de retirer son aide financière s’il continue à appuyer Caracas. Les agissements du secrétaire général fragilisent notre organisation. Si nous laissons le secrétaire général, comme il le fait, s’immiscer sans réserve dans les affaires internes d’un pays, au détriment du principe du respect de la souveraineté des Etats, bientôt Haïti et d’autres pays de la région, seront eux aussi victimes de cette même dérive de l’organisation [7]. »

Un coup de force le 3 avril suivant – la Bolivie et Haïti, respectivement président et vice-président en exercice du Conseil ayant été écartés et remplacés, au mépris de toutes les règles, par le Honduras – a néanmoins permis à dix-sept des vingt-et-un pays présents d’adopter « par consensus » une résolution dénonçant « la rupture de l’ordre constitutionnel au Venezuela » tout en exigeant « des actions concrètes » de son gouvernement. Tandis que la République dominicaine, les Bahamas, le Belize et El Salvador s’abstenaient, la Bolivie, le Nicaragua et le Venezuela avaient, le jugeant illégal, abandonné ce « tribunal d’inquisition »,comme le qualifia Maduro.

Echec à nouveau, au-delà des déclarations triomphales, puisque, en tout état de cause, il est nécessaire de rassembler les deux tiers de l’Assemblée générale (vingt-quatre pays) pour en exclure le Venezuela. Raison pour laquelle la campagne infernale se poursuit, dont le surréalisme échappe à nombre d’observateurs, sans doute un peu distraits : en tête de liste des onze pays de l’« Axe du bien » [8] qui, le 17 avril, au nom de la démocratie, ont appelé le gouvernement vénézuélien à « garantir le droit aux manifestations pacifiques »,figurent la Colombie – plus de 130 dirigeants et militants de mouvements populaires assassinés d’octobre 2012 à la fin 2016 (23 depuis janvier 2017) – et le Mexique – 28 500 « disparitions forcées » depuis 2006 (dont les 43 étudiants d’Ayotzinapa), 11 journalistes exécutés et 23 de leurs confrères « disparus » en 2016.

Forte du soutien de ces paladins de la liberté, la MUD, qui a définitivement écarté le chemin du dialogue, multiplie depuis début avril les manifestations au cours desquelles, en marge des opposants pacifiques, des groupes de choc ultra violents multiplient agressions aux forces de l’ordre et actes de vandalisme. C’est que, pour la MUD, le temps presse. Les prix du pétrole repartant à la hausse, fût-elle modérée, le gouvernement fournissant en urgence des produits de première nécessité à plus de six millions de familles à travers treize mille Comités locaux d’approvisionnement et de production (CLAP), réactivant l’agriculture et en appelant à la participation de certains groupes du secteur privé au redressement économique, la situation tend quelque peu à (et surtout « risque de ») s’améliorer.

Comme en 2002 lors du coup d’Etat contre Chávez ou en 2014 au cours des« guarimbas », il faut à l’extrême droite des cadavres pour émouvoir et mobiliser la communauté internationale. Le 18 avril, la veille de « la mère de toutes les manifestations », organisée par l’opposition – à laquelle répondra d’ailleurs une « marche des marches » des chavistes dans le centre de Caracas –, Mark Toner, porte-parole du Département d’Etat américain, dénonça une « répression criminelle » et la « violation des droits humains » du pouvoir bolivarien. Car déjà, comme en 2014, le décompte macabre des victimes donne lieu à une manipulation de première catégorie.

Dès le 14 avril, huit morts étaient à déplorer – par définition attribués « à la répression ». Il s’avéra rapidement que l’un d’entre eux, Brayan Principal, a été tué par un groupe d’individus cagoulés qui a criblé de balles une lotissement « chaviste », la Ciudad Socialista Alí Primera, construite par le gouvernement de Maduro à Barquisimeto. Qu’un autre, le jeune Miguel Ángel Colmenares, à Caracas, ne manifestait pas, mais est tombé dans une embuscade de sujets qui l’ont dépouillé de son argent avant de l’assassiner. Qu’un autre encore, Oliver Villa Camargo, a été exécuté d’une balle dans la tête alors qu’il venait de tenter, en auto, de franchir une barricade. Que Ricarda de Lourdes González, 87 ans, n’est pas morte asphyxiée par les gaz lacrymogènes, mais, comme l’a précisé sa fille, parce que les « guarimberos » (manifestants) « ne nous ont pas laissé sortir quand – alors qu’elle était victime d’un accident cérébro-vasculaire – on a voulu l’emmener à la clinique Las Mercedes [9] ». Il s’agit là, non d’une liste exhaustive, mais de quelques cas.

Evoquant la mort d’un étudiant de 17 ans, Carlos Moreno, tué d’une balle dans la tête, à Caracas, le 19 avril, « par des motards qui ont tiré et lancé des gaz lacrymogènes », le « dévoyé spécial » de l’ex-quotidien français d’information Le Monde, Paulo Paranagua, précise (21 avril) : « Paola Ramirez Gomez, 23 ans, est morte en province, à San Cristobal, dans des circonstances similaires ». Que ses lecteurs le sachent : Paranagua ment. Initialement attribué à des « collectifs chavistes », accusés de tous les maux, il a été prouvé après enquête que le meurtre de cette jeune femme a été commis depuis le deuxième étage d’un immeuble, par les tirs d’un individu nommé Iván Aleisis Pernía, militant d’opposition arrêté et incarcéré depuis. Il est vrai que Paranagua n’en est pas à une imposture près : n’a-t-il pas reproduit, sans aucune prise de distance ni commentaire (15 avril), cette déclaration ahurissante de Julio Borges, l’un des principaux dirigeants de l’opposition : « Les groupes paramilitaires du Venezuela menacent la paix en Colombie. » Le premier réflexe est d’en rire. Le second est de ressortir de la poubelle, où on l’avait jeté, et de retourner contre lui, le prétentieux « Décodex » du Monde [10] : « Ce média diffuse régulièrement des fausses informations ou des émissions trompeuses. Restez vigilants ou cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information. »

Dans ce climat de violence exacerbée, on observe des excès de tous les côtés. Un mandat d’arrêt a ainsi été lancé contre quinze gardes nationaux présumés responsables du décès de Gruseny Antonio Canelón, à Cabudare, le 12 avril. De l’autre côté des barricades, des membres des forces de l’ordre tombent également, tel le sergent de la Garde nationale Neumar José Sanclemente Barrios, assassiné par arme à feu le 19 avril à San Antonio de los Altos. Huit membres des forces de l’ordre avaient d’ailleurs déjà été tués par balles en 2014, sans trop émouvoir les « observateurs » pour qui, semblerait-il, l’assassin d’un policier, sur les Champs-Elysées, à Paris, est un « terroriste » quand l’assassin d’un policier au Venezuela est « un manifestant pacifique »…

Dans des circonstances particulièrement confuses, et après l’appel à manifestations de dirigeants anti-chavistes, la mise à sac d’une dizaine de commerces du secteur populaire d’El Valle (Caracas) par de supposées bandes d’« affamés  », la nuit du 19 avril, s’est soldée par la mort de onze personnes (trois par armes à feu, huit électrocutées par un système de protection en tentant de dévaliser une boulangerie). Dans leur furie destructrice, les mêmes hordes, qu’on suppose manipulées, n’ont pas hésité à attaquer un hôpital de soins pédiatriques – au prétexte sans doute qu’il s’appelle « Hugo Chávez » –, obligeant en catastrophe à en évacuer 54 mères, enfants et nouveaux-nés. Dans un tel chaos, la manipulation de l’information devient un jeu d’enfant : « Les manifestations ont fait 20 morts en trois semaines  », peut-on lire ou entendre à peu près partout au même moment [11]. De quoi atteindre l’objectif recherché en faisant du Venezuela un « Etat failli ». Et, au passage, en utilisant la désinformation générale affectant ce pays, pour stigmatiser par la bande un homme politique – tel, lors du premier tour de la campagne présidentielle française, le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. A cet égard, le 6/9 de France Inter, consacré au Venezuela le matin même du scrutin aura constitué un modèle de perfidie subliminale – sans doute sévèrement critiqué s’il existait en France un Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Le 22 avril, à l’appel de l’opposition, des milliers de Vénézuéliens ont participé à une marche silencieuse en mémoire des victimes des manifestations du mois d’avril. Devant le siège de la Conférence épiscopale, tandis que le député Henry Ramos Allup déclarait qu’il s’agissait d’un hommage « à tous les morts, y compris aux victimes potentielles et éventuelles qu’il y aura sûrement les jours prochains »,son « collègue » Freddy Guevara précisait que les manifestations à venir avaient pour objectif de « dévoiler le véritable visage du dictateur » en générant« l’ingouvernabilité [12 ». Des messages qui ont le mérite de la clarté. Sauf, manifestement, pour les médias.

NOTES

[1] http://www.medelu.org/Coup-dur-pour-la-fin-de-cycle-en

[2] Parti de l’ex-président Lucio Guttiérez, renversé par un soulèvement populaire le 20 avril 2005. Candidat du parti, Patricio Zuquilanda a obtenu 0,77 % des voix lors du premier tour de la présidentielle, le 19 février. Gutiérrez n’a pas été élu lors des législatives auxquelles il se présentait.

[3]  Ecuadorinmediato, Quito, 19 avril 2017.

[4]  BBC Mundo, Londres, 23 mars 2016.

[5]  El País, Madrid, 7 septembre 2016.

[6] Petrobras (propriété d’actionnaires privés ou institutionnels à 51 %) a attribué des marchés surfacturés à des entreprises de BTP, permettant ainsi le versement de pots-de-vin destinés à financer les partis politiques ou des politiciens corrompus. Odebrecht aurait arrosé de bakchichs des fonctionnaires et hommes politiques de douze pays d’Amérique latine pour y rafler des chantiers.

[7]  Haïti Libre, Port-au-Prince, 29 mars 2017.

[8] Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Paraguay, Pérou et Uruguay.

[9]  El Universal, Caracas, 11 avril 2017.

[10] Outil censé, sur la Toile, aider les internautes à trier les vraies des fausses informations en stigmatisant les sites « mal pensants ».

[11]  Le Monde, France Info, CNews, LCI, La Dépêche, Presse Océan, La Libre Belgique, etc., du 21 au 23 avril 2017.

[12]  Alba Ciudad, Caracas, 22 avril 2017.

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VENEZUELA : FIDEL AVAIT DIT : ILS ONT L’OEA POUR EMPÊCHER LES RÉVOLUTIONS EN AMÉRIQUE !

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L’Organisation des Etats Américains a dévoilé à nouveau son rôle d’ingérence dans les problèmes intérieurs des pays et la courageuse réponse du Gouvernement du Venezuela ne s’est pas faite attendre puisque ce pays a fini par engager le processus de sortie de cette organisation qui répond aux intérêts d’ingérence du Gouvernement des Etats-Unis.

Le Commandant en Chef Fidel Castro Ruz a beaucoup parlé de l’OEA pendant sa vie. Cubadebate vous propose quelques citations à ce sujet.

Dans le discours de clôture du Premier Congrès Latino-américain de la Jeunesse, le 6 août 1960, Fidel déclare :

« Et que veulent les Yankees ? Ils veulent dire que nous, nous désobéissons à l’OEA ? S’ils veulent le dire, magnifique, qu’ils disent ce que nous disons : qu’ils ont l’OEA pour empêcher les révolutions en Amérique. »

Ensuite, le 26 juillet 1964, pour le XI° anniversaire de l’Attaque de la Caserne Moncada: « L’Organisation des Etats Américains manque complètement de morale et n’a aucun droit de juger et de sanctionner Cuba. »

Le 18 mai 1965, dans son discours à la Remise des diplômes de l’Ecole d’Officiers de Matanzas : « (…) leur propre ministère des colonies, qui est l’OEA, cette organisation docile et soumise, qui ne fait rien de plus que de recevoir des ordres de Washington, ils l’ont maltraitée, ils l’ont tellement traitée par-dessus la jambe qu’ils l’ont mise, messieurs, dans une situation insupportable, dans une situation ridicule parce qu’en plus d’être une organisation qui ne fait rien de plus qu’obéir aux ordres de Washington, ils ne la consultent même pas quand leurs marins vont débarquer. »

Dans une interview, le 4 décembre 1971 :

« Notre position est que cet organisme a été un instrument de la pénétration et de la domination impérialiste en Amérique Latine. Notre position est que cet organisme devra disparaître. Notre position est qu’un jour, nous devrons être unis, nous, les peuples latino-américains, pour arriver à être une communauté humaine digne de respect dans le monde, en unissant nos forces pour que nous ne soyons plus ce que nous sommes aujourd’hui où nous sommes victimes d’agressions. Est-ce que c’est ou non un égout ? Est-ce que c’est ou non un cloaque ? Est-ce que c’est ou non le Ministère des Colonies Yankee ? Historiquement, cette institution symbolise l’oppression impérialiste sur nos peuples et quand nos peuples seront libres, cette institution disparaîtra. Et l’OEA ne nous manquera pas quand il existera une communauté des peuples latino-américains. »

Dans sa réflexion « De nouveau la putride OEA » du 8 mai 2009 :

« Existe-t-il donc une CIDH dans cette putride institution ? Oui, elle existe. Et quelle est sa mission ? Juger de la situation des droits de l’homme dans les pays membres de l’OEA. Les États-Unis sont-ils membres de cette organisation ? Oui, ils en sont même l’un des membres les plus honorables. La CIDH a-t-elle condamné une seule fois le gouvernement étasunien ? Non, jamais. Même pas les crimes génocidaires perpétrés par Bush qui ont coûté la vie à des millions de personnes ? Non, jamais, comment pourrait-elle commettre une telle injustice ! Même pas les tortures sur la base de Guantánamo ? Que je sache, pas un mot. »

Dans sa réflexion « L’OEA a-t-elle le droit d’exister ? » du 14 avril 2009 :

« L’histoire de l’OEA rassemble toutes les ordures de 60 ans de trahison des peuples d’Amérique Latine. » « Elle n’a pas rendu un seul service à nos peuples, c’est l’incarnation de la trahison. »

Pour remettre en question le rôle de Cuba sur ce terrain, il faudrait commencer par reconnaître, sans ambages, qu’elle a été la nation qui a le plus fait pour l’éducation, les sciences et la culture parmi tous les peuples de la planète et que son exemple est suivi aujourd’hui par d’autres Gouvernements révolutionnaires et progressistes. Si vous avez des doutes, vous pouvez poser la question aux Nations Unies. »

Dans sa réflexion « Et Ponce Pilate s’est lavé les mains » du 23 avril 2009:

« Les faits historiques révèlent la politique hégémonique des États-Unis dans notre région et le rôle répugnant qu’a joué l’OEA en tant qu’odieux instrument de ce puissant pays. »

Publié le 28 Avril 2017 par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/noticias/2017/04/27/fidel-tienen-a-la-oea-como-un-instrumento-para-impedir-revoluciones-en-america/#.WQLmnFLpMRE

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/04/venezuela-fidel-avait-dit-ils-ont-l-oea-pour-empecher-les-revolutions-en-amerique.html

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LE PARTI DE GAUCHE DU SALVADOR FMLN EXPRIME SON SOUTIEN AU VENEZUELA POUR SON DÉPART DE L’OEA

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Le Front Farabundo Martí pour la Libération Nationale (FMLN), un parti politique du Salvador a soutenu la décision du Venezuela de quitter l’Organisation des Etats Américains (OEA) à cause de l’ingérence du secrétaire général Luis Almagro dans ses affaires intérieures.

Le secrétaire général du FMLN Medarno González a appelé instamment les pays latino-américains à prendre des mesures pour que les Etats-Unis ne se mêlent pas de leurs affaires intérieures.

Il a également évoqué la prochaine réunion de la Communauté des Etats Latino-américains et Caribéens (CELAC) dans laquelle il sera question des violences de la droite au Venezuela et de l’ingérence de certains Gouvernements.

Cette réunion de la CELAC a été demandée par le Venezuela et organisée par le Salvador qui assure en ce moment la présidence tournante de ce bloc.

Pour sa part, cuba a aussi exprimé son soutien au départ du Venezuela de l’OEA « après avoir affronté avec courage le harcèlement, l’ingérence et l’ignominie dont il a été l’objet dans cette organisation et de la part de son secrétaire général enragé. »

« Les agressions contre le Venezuela et la conduite méprisable de l’OEA contre lui confirment que partout où il y a un gouvernement qui ne convient pas aux intérêts des cercles de pouvoir de l’empire et à leurs alliés, il sera attaqué, » dit le communiqué cubain.

Publié le 28 Avril 2017 par Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/news/Frente-salvadoreno-apoya-salida-de-Venezuela-de-la-OEA-20170428-0017.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/04/venezuela-le-parti-de-gauche-du-salvador-fmln-exprime-son-soutien-au-venezuela-pour-son-depart-de-l-oea.html

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CUBA-ETATS-UNIS: CUBA DÉNONCE À L’ONU LA GUERRE DES ONDES DONT ELLE FAIT L’OBJET DE LA PART DES ÉTATS-UNIS

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Cuba a dénoncé ce mardi devant le Comité d’information de l’ONU, la guerre des ondes dont elle fait l’objet en permanence de la part des États-Unis.

L’ambassadrice de Cuba auprès des Nations Unies, Anayansi Rodriguez, a souligné que la position hostile gardée par plusieurs administrations nord-américaines va à l’encontre des objectifs et des principes de la Charte de l’ONU et des dispositions de l’Union Internationale des Télécommunications.

Devant la 38e session du comité d’information de l’ONU l’ambassadrice cubaine a souligné que des émissions de radio et de télévision usurpant des fréquences nationales cubaines incitent au renversement de l’ordre constitutionnel que s’est donné le peuple cubain.

Elle a précisé que ces stations de radio et une chaîne de télévision illégales ont émis en 2016 sur 25 fréquences cubaines 1 875 heures hebdomadaires en moyenne.

L’ambassadrice de Cuba auprès de l’ONU a ajouté que cette guerre des ondes lancée par les États-Unis contre Cuba menace la région toute entière, proclamée comme zone de paix, en janvier 2014 par le second Sommet de la CELAC, la Communauté des États Latino-américains et Caribéens.

Anayansi Rodriguez a confirmé l’opposition de Cuba à l’usage des technologies de l’information et des communications pour l’incitation à la désobéissance civile et à d’autres activités qui violent le Droit international.

«Il faut garantir que l’usage de ces technologies soit pleinement compatible avec les objectifs et les principes de la Charte des Nations Unies et du Droit international, en particulier le respect de la souveraineté et de la non ingérence dans les affaires intérieures des États. /RHC

Publié le 28 Avril 2017 par Bolivar Infos

http://www.ahora.cu/fr/rubriques/cuba/cuba/28904-cuba-denonce-a-l-onu-la-guerre-des-ondes-dont-elle-fait-l-objet-de-la-part-des-etats-unis

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/04/cuba-etats-unis-cuba-denonce-a-l-onu-la-guerre-des-ondes-dont-elle-fait-l-objet-de-la-part-des-etats-unis.html

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Álvaro Uribe accuse Maduro d’organiser le terrorisme en Colombie

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Le sénateur colombien a envoyé une lettre au Congrès des Etats-Unis dans laquelle il accuse le Président Nicolás Maduro d’encourager le terrorisme en Colombie.

L’ex président colombien Álvaro Uribe se joint à la campagne contre le Venezuela en attaquant le Président de la République, Nicolás Maduro, en appelant à sa destitution et à « adopter l’état de droit » en alliance avec le secteur privé.

Uribe a envoyé une lettre au Congrès des Etats-Unis dans laquelle il rend compte de ses critiques d’ingérence contre le gouvernement Bolivarien et son président. Cette lettre a été connue le lendemain du jour où il a été rendu public qu’Uribe et Andrés Pastrana ont rencontré Donald Trump.

Dans le texte, il encourage à violer les lois vénézuéliennes dans le cadre de la campagne pour réactiver les plans qui justifieraient une intervention étrangère et un coup d’Etat. « Le Venezuela a besoin de renvoyer Maduro et son régime et d’adopter l’état de droit avec un secteur privé fort pour surmonter la pauvreté, » écrit-il.

Le sénateur accuse aussi Hugo Chávez et Maduro d’être les organisateurs du terrorisme en Colombie grâce à une soi-disant alliance avec les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et l’Armée de Libération Nationale (ELN).

« Nous ne pouvons pas séparer le cas du Venezuela de notre situation de risque. Chávez et Maduro ont été les partisans du terrorisme dans notre pays. Les 2 organisations les plus importantes, les FARC et l’ELN ont été protégées au Venezuela et très présentes dans ce pays, elles enlèvent, réalisent des extorsions, menacent et attaquent les citoyens. »

L’inhumaine campagne médiatique, à l’unisson de celle qu’organise la droite vénézuélienne et internationale, accuse le président d’agir en marge de la Loi. « Maduro s’appuie sur la corruption, le trafic de drogues, l’armée, les avions de guerre, les avions civils avec des armes fournies par le régime (les collectifs) et la répression. Ils appliquent la version cubaine du dialogue pour augmenter la répression », peut-on lire aussi dans cette lettre.

Il plaide aussi pour des changements en Colombie. « La Colombie a besoin de changements profonds ou au contraire, nous sommes condamnés à devenir une seconde idée de Maduro. »

Ce n’est pas la première fois que sont révélées ses intentions contraires à la paix et à aux institutions démocratiques dans le pays. En 2016, aux Etats-Unis, il a demandé que « des forces armées démocratiques soient mises au service de l’opposition au Venezuela. »

En septembre 2014, des liens entre Álvaro Uribe et un activiste vénézuélien d’extrême droite, Lorent Saleh, ont même été révélés.

Le nouvel ordre du jour de coup d’Etat développe le même scénario que le réseau criminel de l’opposition vénézuélienne financée par la droite internationale et l’active participation des Etats-Unis et recourt à nouveau à Álvaro Uribe dont les liens avec le para-militarisme et le trafic de drogues ont été prouvés par la justice. Et ce n’est pas tout : il a aussi été accusé d’avoir détourné des fonds pendant sa présidence en Colombie.

Jusqu’à présent, on ne connaît pas les détails de l’ordre du jour de discussions Pastrana et Uribe vont avoir avec Donald Trump. Cependant, le doigt de l’ingérence est visible dans un twitt publié par Pastrana : « Merci à @realDonaldTrump pour la conversation cordiale et très franche sur les problèmes et les perspectives de la Colombie et de la région, » a-t-il écrit.

Son intérêt pour « la région » est douteux. On ne connait pas d’autres détails de cette rencontre que ce message. Uribe, si actif sur les réseaux sociaux, n’en a pas fait mention non plus. Une conversation à huis clos entre les 3 hommes pour discuter de la politique colombienne semble peu probable.

Publié le 18 Avril 2017 par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/04/17/venezuela-alvaro-uribe-ataca-a-maduro-en-nueva-escalada-injerencista/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/04/venezuela-alvaro-uribe-accuse-maduro-d-organiser-le-terrorisme-en-colombie.html

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Colombie : Une tuerie se prépare contre les dirigeants qui ont signé les accords de paix

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Le président de la République Nicolás Maduro a affirmé jeudi que la façon dont en Colombie, on se moque du processus de paix entre le Gouvernement du président Juan Manuel Santos et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) est « regrettable. »

« Ils continuent à tuer des dirigeants paysans, étudiants et ouvriers et une tuerie contre les FARC est en préparation. J’ai des informations du renseignement qui disent qu’on est en train de préparer une tuerie contre les dirigeants qui ont signé la paix. »

« Ils ont signé l’accord de paix grâce à Chávez et à moi. Je vais sortir tous les enregistrements et tous les secrets que j’ai concernant e processus de paix pour qu’on sache quelle tromperie est-ce processus, » a indiqué Maduro.

Le président a aussi indiqué que les 3 premiers mois de cette année, plus de 35 000 Colombiens sont venus au Venezuela, fuyant le chômage, la misère, a faim, les paramilitaires, l’absence de liberté et de démocratie. « La Colombie est un Etat en échec, » a-t-il ajouté.

(…)

Publié le 22 Avril 2017 par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/04/21/maduro-se-prepara-una-matanza-contra-lideres-que-firmaron-acuerdo-de-paz/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/04/colombie-une-tuerie-se-prepare-contre-les-dirigeants-qui-ont-signe-les-accords-de-paix.html

 

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Venezuela : Quelle curieuse dictature !

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Par: Matías Bosch

Comme la « dictature maduriste » que dénoncent Henrique Capriles, Henry Ramos Allup et Julio Borges est curieuse ! Alors que tous les pays gouvernés par des dictatures ont été des sources d’émigration de masse, que se passe-t-il avec les Colombiens ? Il y a 5 600 000 Colombiens au Venezuela. L’année dernière, il y en a eu 100 000 de plus et en 2017, il en est arrivé environ 30 000.

Le Gouvernement autoritaire du Venezuela est tellement brutal que « l’opposition » qui sort « manifester » à l’invitation de la MUD semble n’avoir rien d’autre à faire que d’attaquer et d’incendier l’Institut National de l’alimentation, le Métro, un hôpital pour enfants et tire avec des armes à feu sur la police. Savent-ils avec quelle dignité ont dû lutter les mayas persécutés au Guatemala de Ríos Montt ? Arrive-t-il aux Mères et aux Grand-mères de la Place de Mai d’incendier un seul parc en Argentine? Est-ce que le fait qu’en République Dominicaine, entre le 24 et le 26 avril 1984, 46 personnes aient été assassinées et 185 autres blessées (officiellement mal comptées) par des policiers et des militaires seulement pour avoir essayé de trouver de la nourriture et de se défendre contre la violence d’Etat les intéressera ? Curieusement, la jeune Paola Ramírez qui est morte jeudi d’une balle à Táchira n’a pas été assassinée par des policiers ni par des « collectifs chavistes » comme la grande presse le répète mais par une arme qui tirait sur des manifestants du parti au Gouvernement depuis l’un des immeubles adjacents. Que dit la MUD de cela ?

La tyrannie de Maduro est tellement sérieuse, tellement dure que l’opposition existe, a pu gagner les élections législatives, avoir la majorité au Parlement, faire des marches toutes les semaines, avoir des partis, se rendre à l’étranger, être reçue à l’OEA, posséder des journaux, des chaînes de télévision, de radio et tout ce qu’elle veut. En vérité, l’affaire rappelle beaucoup la dictature de Trujillo quand le Parti Dominicain était le seul autorisé à exister et qu’avoir le carnet avec « la petite palme » était une obligation semblable à celle d’avoir sur soi sa carte d’identité.

Etant donné la cruauté du Gouvernement du Venezuela, le secrétaire général de l’OEA s’est vu obligé d’intervenir. Il laisse pour plus tard la situation des Chiliens qui ne peuvent pas rentrer dans leur pays parce qu’il sont été exilés par Pinochet et que cette peine a été maintenue par les Gouvernements « démocratiques… » Et de parler des presque 20 dirigeants mapuches prisonniers politiques dans ce pays accusés sous prétexte de la loi de « sécurité intérieure de l’Etat. » Le secrétaire Almagro a aussi laissé pour plus tard les 40 dirigeants sociaux assassinés en Colombie en moins de 4 mois. Quand Almagro parle de « rupture de l’ordre constitutionnel », décidera-t-on de faire quelque chose pour le Honduras où il y a eu en 2009 un coup d’Etat et où déjà plus de 120 activistes de l’environnement ont été assassinés ?

Maduro et Chávez ont été 2 satrapes si cruels qu’ils consacrent 60% du budget public aux Dépenses Sociales, qu’ils ont créee et poursuivie la Mission Barrio Adentro, le seul programme qui a permis à la population des quartiers et de la campagne d’accéder aux soins de santé. Depuis sa création, elle a déjà donné plus de 1 300 millions de consultations, toutes gratuites et garanties. C’est pareil qu’en République Dominicaine où entre janvier et mars 2017, plus de 300 bébés sont morts d’infections attrapées à l’hôpital où ils sont nés et où ils sont soignés. Il laisse aussi pour plus tard de parler des 5 700 enfants qui sont morts dans un seul hôpital public entre 2006 et 2012. C’est pareil aussi à la condition des 300 000 femmes indigènes péruviennes stérilisées de force pendant la période Fujimori, tout cela dans la plus parfaite impunité.

Face à un despote comme Maduro et compagnie, Leopoldo López est Gandhi et Lilian Tintori devient la femme de Mandela ou de Martin Luther King. Avec la différence que Tintori a fait ouvertement campagne pour que Guillermo Lasso gagne les élections en Equateur, ce Lasso impliqué dans l’effondrement bancaire qui a mis son pays en banqueroute pendant qu’il faisait des affaires et qui a des fortunes investies dans les paradis fiscaux. Quand on voit Tintori photographiée avec Peña Nieto, Trump et Macri, on se dit : « quelle chance ! » parce que quand les veuves des exécutés politiques du Guatemala, de Colombie ou d’Argentine ont-elles été reçues par un président ? Quand Peña Nieto a-t-il été pris en photo avec l’une des mères, des sœurs ou des fiancées des 43 disparus d’Ayotzinapa?

Certainement, beaucoup de Vénézuéliens et de Vénézuéliennes ont de bonnes raisons d’être ennuyés et en désaccord avec leur Gouvernement. Mais cette « opposition » instituée, celle des Capriles, Borges, Tintori, López, Ramos Allup… cette « opposition » se moque de la mémoire historique de son pays et de l’Amérique Latine chaque fois qu’elle utilise le mot « dictature » pour justifier son ambition, sa conviction qu’elle peut faire et défaire selon son bon plaisir et exhiber sa soif de triomphe et de pouvoir.

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/04/21/opinion-del-dominicano-matias-bosch-sobre-venezuela-que-curiosa-es-esa-dictadura/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/04/venezuela-quelle-curieuse-dictature.html Ajouter une section ici

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